Juste une ficelle... et des Belges :

Les 28 et 29 mai 2010, une trentaine de jeunes de toute la France se sont retrouvés à Lyon pour un week-end « Décroissance » organisé par Starting-Block, Lyon à Double Sens et le réseau Grappe.

Jeu de la ficelle.
Ce week-end a été animé par Daniel Cauchy et Sébastien Meyer de l’association Rencontre des Continents, venus spécialement de Belgique pour nous apprendre le jeu de la ficelle.

Photo : l'atelier " jeu de la ficelle" du WE.

Le principe du jeu est simple, il se base sur de petites fiches « personnages » :
- un premier cercle de personnes représente l’assiette moyenne française,
- un deuxième cercle les entreprises, les institutions et autres acteurs principaux du commerce international et local,
- puis un troisième cercle est composé de tous les acteurs qui subissent directement les conséquences de ce système économique.

Il n’y a plus qu’à les relier avec une ficelle et le tour est joué !

Ce jeu d’éducation au développement permet de visualiser le système dans lequel nous vivons à partir de notre alimentation. Ainsi nous pouvons constater concrètement les liens étroits que chaque aliment de notre assiette a avec l’environnement, le politique, le social et bien évidemment l’économie.

Après avoir joué, beaucoup de participants se sont sentis impuissants face à cette toile d’araignée pleine d’injustices et de destructions où l’homme participe directement à l’éradication de sa propre espèce en faisant passer le commerce et le profit avant la vie. Si on en restait là ce serait bien déprimant !

C’est pourquoi le jeu de la ficelle propose également d’aborder les alternatives qui existent au sein de notre système : les circuits courts, les AMAP, les groupements d’achats, le commerce équitable, etc. C’est une façon de montrer que chacun, à son niveau, peut agir et changer sa réalité, pour qu’au moins autour de nous les choses nous paraissent plus justes et cohérentes.

atelier de réflexion.
 À l’issue de la déconstruction du jeu et du système, les participants ont pu assister à une conférence durant laquelle sont intervenus Daniel Cauchy et Bruno Clémentin,  co-fondateur du journal La Décroissance autour du mythe du développement. De manière plus théorique, ce fut l’occasion d’approfondir des connaissances sur les énormes incohérences du système des pays dits « développés ».
 
Photo : un des ateliers du WE

Par exemple, le mot « développement durable » a été inventé  en 1992 au Sommet de la terre à Rio pour les pays dits « sous-développés » afin de leur trouver un autre développement que le nôtre, trop polluant et gourmand en dépenses énergétiques. Cela nous oblige donc à relativiser l’utilisation que l’on fait du « DD » dans notre société actuelle qui recouvre finalement beaucoup d’éléments et que tout le monde utilise à sa (green) sauce, sans en mesurer nécessairement tous les enjeux. Ainsi, au final, il ne veut plus dire grand chose et se transforme en simple argument marketing. Il ne désigne plus une réelle alternative capable de nous sortir de l’impasse climatique.
 
Une alternative au système actuel pourrait donc être la décroissance. Comment la définir ? C’est un courant, un mot « contre », qui englobe la citoyenneté responsable, le « moins de biens plus de liens », le retour à la nature, et le fait de réapprendre à vivre dans un endroit tout en prenant en compte la planète et son écosystème. L’idée principale est que l’homme se responsabilise et prenne en main sa vie pour faire de vrais choix. Le choix de savoir ce qu’il boit, ce qu’il mange, ce qu’il achète.

Ce furent pour moi, et je pense aussi pour les autres participants, deux jours intenses avec de la nourriture locale, un saucisson inoubliable, du vin succulent de Perpignan et plein d’énergie et de bonne humeur. En résumé de quoi recharger les batteries pour continuer à agir, à réfléchir, à rêver en attendant le jeu de la ficelle 2, en chantier et entièrement consacré aux alternatives venues des quatre coins du monde.
 
Elsa Corre, association Ar Vuez, réseau GRAPPE

 
 
 

Réalisé par Ecedi