Les poussins quittent le nid :

Jean-Baptiste (19 ans) et Romain (21 ans), ont passé 7 mois à Starting-Block dans le cadre de leur stage de formation humaine (1ère année Polytechnique). Ils nous ont aidés à l’organisation de la Campagne Handivalides. Il y a 7 mois donc, deux « jeunes hommes un peu impressionnés »  arrivaient dans nos locaux et aujourd’hui, ils repartent vers de nouvelles aventures, « humainement formés ». Récit d’une belle amitié. (Propos recueillis par Marc Sprunck, chargé des publics étudiants pour le programme Handivalides).

Jean--Baptiste et Romain.
Commençons par le début : pourquoi avoir choisi Starting-Block ?

Romain : J’ai choisi Starting-Block parce que c’était pour moi l’occasion idéale de pouvoir rencontrer des personnes handicapées et de découvrir le milieu associatif. En plus, j’ai pu découvrir les problématiques liées  à la sensibilisation, auxquelles je m’attendais moins.

Jean-Baptiste :
Comme Romain, le contact avec les personnes handicapées m’a tout de suite attiré. Je souhaitais également m’enrichir au contact d’étudiants venants d’horizons différents.

Qu’est-ce qui vous a le plus surpris à votre arrivée à l’association ?

R : Je m’attendais à entrer dans une association bien plus importante en taille mais j’ai découvert une ambiance plutôt familiale. J’ai également été ébloui par la prestance de mon maître de stage (1).

J-B : Moi aussi, je m’attendais à une structure plus importante. Par exemple, j’ai consulté les différents supports de communication remis lors du forum de recrutement. Quand on voit la qualité de ces derniers, c’est difficile d’imaginer qu’il n’y a qu’une seule personne derrière.

Que retirez-vous de votre expérience tout au long du stage ?


R : J’ai appris à conduire une camionnette de 12m3 et aussi, à quoi ressemble un téléphone. Au début j’étais terrorisé à l’idée de devoir le décrocher. Pour être plus sérieux, j’ai surtout pris de l’assurance et j’ai une bien meilleure compréhension du handicap à présent.

J-B : Outre une meilleure connaissance du handicap, ce stage m’a surtout permis de développer des qualités humaines. Je suis beaucoup moins timide maintenant et bien plus à l’aise en groupe.

Votre meilleur souvenir de Campagne ?


J-B : Sans aucune hésitation, l’arrivée des Pringles (2) sur la Campagne. Plus sérieusement, la Journée Handivalides à l’Université de Lille 2 restera un grand moment pour moi car j’y ai rencontré beaucoup d’étudiants intéressés par la problématique.

R : Pour les mêmes raisons que Jean-Baptiste, je choisis la Journée Handivalides de l’INSA Lyon. C’est un vrai plaisir de voir des étudiants qui s’impliquent autant sur une problématique. Mais c’est difficile de ne citer qu’une seule journée quand il y a eu tant de rencontres riches pendant cette Campagne.

Et le pire ?


R :
La Journée Handivalides du 15 avril. En tant que membre éminent de l’équipe logistique, j’ai assisté à peu de tables rondes mais un jour, alors que j’assistais tranquillement,  pour une fois, à des débats passionnants, Sting, le chien guide de Carla, notre animatrice déficiente visuelle, a vomi en pleine séance. J’ai donc dû partir illico en mission « vomi-Sting » d’urgence. Bien que j’adore Sting, je lui en veux beaucoup.

J-B : il n’aura pas fallu attendre longtemps, en ce qui me concerne, pour connaître les galères de la Campagne. Le 11 février 2010, c’était le lancement de la Campagne Handivalides à Sciences Po. La Journée en tant que telle s’est bien passée mais le soir, nous devions directement rejoindre HEC pour la seconde Journée Handivalides.
19h00 : nous quittons Sciences Po pour HEC
19h45 : première galère, problème de porte de la camionnette. Nous restons bloqués pendant plus de 20 minutes à proximité d’un obscur rond-point.
20h30 : arrivée sur le campus enneigé de Jouy en Josas
21h00 : une étudiante nous dépose fort gentiment au RER (il y a pas mal de marche à pied entre HEC et le RER) mais Tomas, l’autre animateur avec lequel j’étais, se rend compte qu’il a oublié son portefeuille dans le camion. Retour à HEC.
21h45 : nous ratons le RER C d’une minute, le prochain passe dans … 50 minutes, sachant qu’il faisait environ -50°C ce jour là !

Romain, un petit mot sur Jean-Baptiste :


Que ferais-je sans lui à présent ? J’ai été ravi de travailler avec lui car nous avons eu une évolution plus ou moins parallèle. Notamment : apprendre à utiliser un téléphone et découvrir de nouveaux horizons capillaires.  C’est un être rayonnant mais il n’égalera jamais notre formidable maître de stage!

Jean-Baptiste, un petit mot sur Romain :


Je suis content de ne pas avoir fait le stage tout seul et tomber sur Romain fut un bonheur. A ses côtés, j’ai pu découvrir ce que signifiaient entraide, philanthropie et amour de son prochain. Plus sérieusement, malgré ses aspects chétifs, il a été un vrai compagnon toujours là quand j’avais besoin de lui !

Jean-Baptiste et Romain.
Jean-Baptiste, peux-tu nous expliquer ton évolution capillaire ?

Polytechnique reste une école militaire avec tout ce que ça implique pour les cheveux. Or, j’aime bien avoir une tignasse désordonnée. Alors, oui, je n’ai pas peur de l’affirmer haut et fort : mon stage chez Starting-Block fut pour moi une libération capillaire.

Romain, explique-nous le culte que tu voues à Monsieur Pringle?

C’est une évidence. Une Journée Handivalides sans Pringles, c’est Jean-Baptiste sans ces cheveux, l’un ne va pas sans l’autre. Les Pringles, ça égaie une Journée Handivalides.


Trois mots pour décrire la Campagne Handivalides :


R : je ne sais pas trop, je vais dire découverte, échanges et chips (essentielles pour tenir le rythme) Mon rôle a été de lancer des échanges, des réflexions avec les étudiants. Oui, c’était ça ma Campagne Handivalides.

J-B : Fatigante, intéressante et enrichissante. Ces 37 Journées Handivalides m’ont permis de découvrir et de faire découvrir aux étudiants quelques facettes du handicap. La campagne suscite beaucoup d’échanges : c’est là son plus grand intérêt.

C’est quoi pour vous la suite des évènements ?


R : Nous allons retourner à l’Ecole Polytechnique et nous installer sur le campus.

J-B : Pareil, maintenant que j’ai rencontré Romain, on ne se quitte plus.

Votre plus belle rencontre ?

R :
Jean-Baptiste et ses grands yeux jaunes évidemment ! Plus sérieusement, j’ai beaucoup apprécié les rencontres avec les parrains et marraines des Journées Handivalides. Ecouter leurs témoignages de jeunes en situation de handicap était vraiment intéressants. Je regrette de ne pas avoir plus eu l’occasion d’approfondir les échanges avec eux.

J-B :
pour continuer dans le sens de Romain, je dirais que j’ai été particulièrement impressionné par des témoignages tels que celui de Marie de L’ESSEC.

Petit portrait chinois croisé : si l’autre était …, il serait … :
-    un animal
R : un lama, car la ressemblance est frappante
J-B : une tortue de mer, c’est le premier signe de LSF (Langue des Signes Française) qu’il m’a appris

-    une fleur
J-B : je sèche là
R : un tournesol, toujours en référence à ses grands yeux jaunes

-    une couleur
J-B : vert car un de ses hobbies, c’est de faire des siestes dans l’herbe
R : Bleus comme ses yeux. Hé oui je suis très romantique.

-    une formule mathématique

R : c’est quoi ces questions !
J-B : le théorème de Pythagore car c’est quelqu’un de très droit
R : tu m’épates, Jean-Baptiste !

-    un défaut
J-B : la fainéantise, on dirait qu’il sort tout droit d’un élevage de paresseux.
R : c’est très méchant. Du coup je dis l’incompétence, car il répond très mal aux questions !

Il est temps de souhaiter bon vent à ceux qui resteront à jamais dans l’histoire de Starting-Block les poussins de la Campagne Handivalides 2010  ainsi que de les remercier pour tout ce qu’ils ont accompli. Qu’ils ne s’inquiètent pas, nous avons tout ce qu’il faut pour continuer à les harceler l’an prochain pour la Journée Handivalides de l’Ecole Polytechnique.

Propos recueillis par Marc Sprunck, Starting-Block

(1)    : l’entretien a été réalisé avant que je ne leur remette leur évaluation
(2)     : l’arrivée des Pringles sur la Campagne Handivalides a fait l’objet de longs débats en interne, il s’en ait fallu d’un rien pour que la décision soit tranchée en AGE.
Réalisé par Ecedi