"Après un parcours en collège et lycée ordinaire à Biarritz et mes classes prépas à Bordeaux, je poursuis actuellement un double cursus en tant qu’élève ingénieur et étudiant en architecture. Depuis mi-septembre, je réalise un stage à la Direction du Développement Durable d'un grand groupe de BTP.
Durant ma prépa, je logeais dans un centre médicalisé pour étudiants handicapés. C’était un vrai confort pour moi car le rythme de travail était exigeant et j’avais tous les services et soins, par exemple les séances de kiné, sur place.
En entrant ensuite dans mon école d’ingénieurs, je n’ai eu aucun problème car les logements étudiants de l’école étaient accessibles.
Mais qu’en sera-t-il pour le futur ?
Pour un certain nombre de catégories socioprofessionnelles et même pour les étudiants, habiter revient à trouver un point d'ancrage temporaire là où la dynamique de leur existence les a portés.
L'année prochaine, je peux très bien me retrouver à Paris, Lausanne ou San Francisco pour la suite de mes études. Or trouver un appartement pour une personne à mobilité réduite revient à chercher pendant des mois, à trouver des financements, à réaliser des démarches interminables avant d'effectuer des travaux d'aménagement, bref à attendre. Nous voici donc plongés dans une grande schizophrénie globale où, d’un côté, on vante les mérites de la mobilité, de l'ouverture et où, de l’autre côté, l'inadaptation de l'urbain (bâti, transport, environnement) vous incite à la sédentarisation."
Frédéric, 22 ans, Infirme Moteur Cérébral, élève ingénieur.