A travers ce jeu pédagogique, nous sommes partis à la découverte de la filière du coton pour comprendre d’où viennent les vêtements que nous portons et le rôle de chaque acteur au sein de cette filière. Après avoir analysé les étiquettes de leurs propres habits, les participants, répartis en équipe, sont rentrés dans la peau de différents personnages et ont entamé des négociations sur le prix du coton. Durant l’animation, les joueurs ont découvert, entre autre, que le revenu, en tant que tel, ne permettait pas de déterminer à lui seul le niveau de vie d’une personne (différence de qualité de vie campagne/ville ; agriculteurs/ouvriers) ; et que la centrale d’achat est souvent celle qui dicte les règles du jeu et fixe les prix.
Après une heure de jeu, nous avons "débriefé" et pris connaissance des techniques d’animation.
Un déjeuné a été offert aux participants puis un « accueil café » avec des produits issus du commerce équitable pour recevoir les autres visiteurs de la journée. L’après midi, nous nous sommes réunis dans la salle de conférence, pour assister à la présentation du collectif, des concours
ACT2e, et de la thématique 2010.
Pourquoi avoir choisi « le coton et le textile équitable » ? Parce que la filière de production et de transformation du coton est l’une des plus désastreuses en terme d’impact social, environnemental et économique. Des millions de petits producteurs et d’artisans souffrent des conséquences de l’agriculture et de l’industrie capitaliste dominante. Mais ils ne sont pas les seuls : la culture du coton est une des plus polluantes, l’environnement souffre aussi. Le prix de cette matière première agricole fluctue constamment, faussé de surcroît par le jeu des subventions. De plus, les conditions de travail des ouvriers textiles sont pour la plupart déplorables, quant aux artisans, ils trouvent très peu de débouchés pour leurs produits. Le commerce équitable entend redonner dignité aux producteurs de coton et artisans textile en leur permettant d’accéder à des débouchés rémunérateurs. Il est garant du maintien d’une agriculture familiale et d’un artisanat dans le respect de l’Homme et de son environnement.
Ce fut l’objet de la conférence-débat sur le thème « La mode équitable : les enjeux de la filière coton » qui a eu lieu l’après-midi. Elle a débuté par la projection d’un court-métrage : « Le coton équitable au Cameroun ». Les intervenants, à savoir,
Jérôme Schatzman, fondateur de la marque de mode «
Tudo Bom ? »,
Aurélie Pagan de
Max Havelaar France,
Nayla Ajaltouni du Collectif
« Ethique sur l’Etiquette » et
Lise Trégloze de la
Fédération Artisans du Monde, nous ont chacun parlé, à travers leurs activités, du coton équitable, de sa production à sa finition, en passant par les diverses étapes et problématiques qu’il rencontre.
Plus de quarante personnes étaient présentes à la conférence. Elles ont pu y apprendre que nos vêtements font souvent plusieurs fois le tour du monde avant d’arriver dans nos placards, avec des conditions de travail inhumaines pour les ouvriers qui les confectionnent, et des impacts environnementaux très lourds, notamment liés à la pollution engendrée par les transports. Ou encore, qu’aujourd’hui, Max Havelaar tente de rendre toute la production équitable et éthique, et non plus seulement la matière première : le coton. Le public a également pu découvrir directement une ligne de vêtement équitable, Tudo Bom ? : marque franco-brésilienne, né en 2002, de la rencontre entre Jérôme Schatzman et des couturières de Cascatinha, un quartier de Petrópolis à 65 km de Rio. La couture est une des activités historiques du pays, aujourd’hui en crise. Le dynamisme, la bonne humeur et la volonté d’aller de l’avant de ces femmes a donné l’envie à Jérôme et son équipe d’entreprendre, pour elles et avec elles. Mais travailler dans le respect des hommes, des femmes ET de l’environnement, c’est encore mieux, alors comme le coton bio n’existait au Brésil qu’en très petites quantités, ils ont monté leurs propres filières de production de coton bio et équitable, depuis le petit producteur indépendant qui plante le coton jusqu’à la confection à Petrópolis.
Ainsi, on peut vraiment dire que cette journée nous aura permis d’aborder la question du coton sous toutes ses formes et sous différents points de vue, afin de mieux en appréhender les enjeux.
Enfin, a eu lieu la
remise des prix des concours 2010 ! Pour mobiliser les jeunes à innover et agir pour le coton et le textile équitable, Act2e proposait en effet cette année trois concours :