Article jumelé (extrait du journal des 10 ans de Starting-Block) :

Philippe et Pierre ont vécu leur 1ère journée de jumelage Handivalides au même moment. C’était un matin d’automne au collège Saint-Blaise du 20ème arrondissement de Paris. Les élèves du collège Paul Eluard de Montreuil rendaient alors visite aux élèves handicapés de l’Unité Pédagogique d’Intégration (UPI) de Saint-Blaise.

Philippe et Pierre lors de la journée de jumelage

Philippe :

Ça faisait à peu près six mois que j’avais commencé à participer à des actions de sensibilisation avec Starting-Block quand on m’a proposé de participer à une journée de jumelage handivalides. Le principe, c’est de se faire rencontrer des collégiens handicapés, pardon, “en situation de handicap”, et des collégiens “valides” (en situation de validité?) de deux collèges différents trois fois dans l’année, dans un des collèges puis l’autre. Lors de ces journées, les bénévoles de Starting-Block leur proposent des activités, par petits groupes mélangés. L’idée m’a bien plu, alors j’ai dit oui. J’avais quand même un peu le trac: j’avais jamais fait d’activité avec des “enfants”, encore moins des 6eme -5eme (« ils vont me bouffer »), j’ai pas le BAFA, etc., etc. J’ai quand même réussi à dormir pendant 2 heures la nuit précédant la rencontre!
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Pierre :

Même si j’avais déjà une certaine expérience dans l’animation, j’avais malgré tout un peu d’appréhension. La rencontre avec un groupe de jeunes est toujours un moment particulier. Ce groupe n’était d’ailleurs pas encore un groupe, mais plutôt deux classes d’établissements différents qui se rencontraient pour la première fois. Au sein du collège Saint-Blaise, les élèves en situation de handicap de l’UPI accueillaient les collégiens de Paul Eluard. En tant qu’animateurs, nous devions donc aider à la rencontre, faciliter la prise de contact et permettre à ces deux classes de ne former qu’un seul et même groupe, celui du jumelage !
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Philippe :

Le matin du jumelage, nous nous sommes installés dans le gymnase du collège Saint Blaise (Paris 20ème) ; la matinée allait consister en des jeux “brise-glace”, pour vaincre les timidités, et mieux se connaître, nous et les collégiens mais aussi les collégiens entre eux. Nous avons donc accueilli les deux classes et formé un grand cercle, panaché de collégiens d’un établissement ou de l’autre, et d’”animateurs” de Starting-Block. Le principe du jeu : quelqu’un dit une phrase, et il faut avancer d’un pas vers le centre si on est d’accord. À un moment, une collégienne a dit : “j’adore les chevaux”, et j’ai avancé d’un pas, comme plusieurs
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Pierre :

La matinée débuta donc par des jeux dits «brise-glace », pour permettre à chacun de mieux connaître les autres et initier un véritable échange entre les élèves. Et sans même que nous nous en rendions compte, sans doute même bien plus rapidement que nous et malgré les timidités diverses, les langues se sont déliées, les regards se sont croisés, les rires se sont fait entendre… La matinée n’était pas encore finie que le partage avait commencé. Ainsi, aussi timides qu’ils puissent paraître, aussi maladroits qu’ils sont, aussi provocants qu’ils puissent parfois se montrer, les adolescents ont encore cette extraordinaire faculté de voir en chacun d’eux ce qu’ils ont en commun et donc de voir en chaque adolescent un semblable avant de voir un handicap. C’est sans doute trop idéaliste d’avancer cela comme une règle générale. Le fait que les jeunes aient été au préalable été préparés et «sensibilisés » à cette rencontre par leurs enseignants et une équipe de bénévoles de Starting-Block n’est sans doute pas pour rien dans la réussite de ce moment de rencontre. N’empêche que pour moi, ce sont eux qui ont su faire de cette journée un moment d’échange, riche en spontanéité et en complicité.
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Philippe :

J’avais obtenu l’effet désiré: la grande majorité des jeunes présents étaient stupéfaits. « Hein? il est aveugle?!? Mais, ça se voit pas... » Ils m’avaient vu comme Philippe, un étudiant de l’association Starting-Block, avant de me voir comme un aveugle.Pour moi, c’est ça l’idée de ces jumelages : le handicap n’est pas le thème des animations, même si ce n’est pas un tabou -quand il y a une question, on essaye d’y répondre- car la rencontre est plus efficace qu’un cours pour casser les préjugés. Ai-je besoin de préciser : du côté des valides comme des pas valides... Ainsi, pendant les journées de jumelage, on découvre des jeux de rôles (ceux proposés dans le cadre du programme SENS de Starting-Block, on pratique du sport (tout le monde en fauteuil pour une partie de basket où les plus handicapés ne sont plus les mêmes), on rencontre les bénévoles étudiants de Starting-Block… Bref, on prend le temps de vivre ensemble !
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Pierre :

La journée s’est poursuivie sur le même rythme avec un repas pris (presque) en commun (beaucoup restant autour de leurs enseignants référents) et une après-midi autour d’un jeu de rôle traitant des réalités rencontrées par un village sénégalais (le « jeu des villageois » proposé par le programme SENS). Rien à voir avec le handicap, vous dites-vous. Oui, et c’est bien là l’intérêt ! En plus d’apprendre les uns des autres, ils ont surtout pu apprendre ensemble.
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Philippe :

En tout cas, à la fin de ma première journée de jumelage, j’étais crevé (Cfr. mon appréhension et mon sommeil, plus haut), mais j’étais prêt à recommencer tout de suite! Ce que j’ai fait quelques semaines plus tard, d’ailleurs…
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Pierre :

Pierre : En fin de journée, après avoir échangé numéros de portables et adresses msn, il était déjà temps de se quitter. Mais chacun attendait avec impatience la 2ème journée de jumelage qui aurait lieu quelques semaines plus tard au collège Paul Eluard cette fois. De là à savoir qui a le plus appris de cette journée, les jeunes ou nous-mêmes… Posez la question à Philippe !!! En tout cas, pour nous deux, l’aventure des jumelages scolaires ne faisait que commencer…
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